LA LOI SUR LES PSYCHOTHERAPEUTES
En aout 2004 a été votée par la majorité UMP du Parlement une loi qui :
-restreint l'usage du titre de psychothérapeute à ceux qui seront inscrits sur un registre départemental des psychothérapeutes
-que seront inscrits de droit sur ce registre : les médecins, les psychologues cliniciens et les psychanalystes régulièrement inscrits sur leurs annuaires
-que tous, y compris les psychothérapeutes ni médecins, ni psychologues cliniciens, ni psychanalystes, auront à fournir des preuves de leurs connaissances en psychopathologie clinique, qui seront précisées dans des décrets d'application du conseil d'état.
LES DECRETS D'APPLICATION
Une dernière négociation avec les différents représentants des psys intéréssés se tiendra au ministère de la santé en janvier 2006.
PSY EN MOUVEMENT
C'est un mouvement de psychothérapeutes essentiellement. Il a été créé en fin 2004 par Bruno Dal-Palu, ancien président de l'une des deux associations d'organismes de formation à la psychothérapie.
Alain COLLERY est membre depuis plusieurs années de l'autre association, la Fédération Française de Psychothérapie et de Psychanalyse. Il est maintenant aussi vice-président de Psy en Mouvement, et à ce titre, a participé aux rencontres en direct avec la direction du Ministère de la Santé chargée de préparer les décrets d'application de la loi.
QUELQUES ASPECTS DE LA LOI ET DE SES AVATARS
La loi est apparue au grand public avec l'amendement Accoyer, du nom de son auteur, maintenant président du groupe UMP à l'assemblée nationale. Son objectif était de sécuriser le public des gens en souffrance et de s'assurer qu'ils n'aillent pas voir des psys sans formation, autoproclamés psychothérapeutes, qui pourraient avoir des effets négatifs sur eux.
Cette démarche en soi est éminemment respectable. Mais elle abolissait de fait tout le travail de lobbying fait par les associations de formation à la psychothérapie depuis plusieurs années. Ces dernières avaient conclu des accords au niveau européen. Elles avaient réclamé depuis longtemps un statut du psychothérapeute avec un cursus d'études, un "travail sur soi", une reconnaissance par ses pairs, et une supervision.
Il semble que cela ait "titillé" le monde médical et universitaire, qui voyait se développer un nouveau monde dans le domaine de la thérapie qui lui était étranger et qui lui échappait. Certains parlent avec envie d'un business florissant de la quête du moi. Soyons réaliste, si ce secteur connait une expansion croissante, cette dernière n'est encore que fort limitée en France.
La question reste d'actualité : qui pourra prétendre au titre de psychothérapeute en France l'an prochain ? Tout cela nécessitera de toutes façons un cursus de formation en psychopathologie et c'est la raison pour laquelle j'ai demandé à un spécialiste de venir en monter un à Paris.
Le texte exact de la loi de 2004
La controverse de Paris du 24 septembre 2005 : le programme
Compte-rendu de cette controverse par Alain COLLERY en octobre 2005